Psychanoïa, taille la route
Rassurez-vous, il n’est pas obligatoire d’être déficient mental pour avoir la chance d’accéder à l’écoute des compositions de Psychanoïa. Bien au contraire, la musique est bien structurée tout comme les musiciens qui en sont à l’origine. Du beau rock metal avec une utilisation savante de quelques recettes à l’ancienne qui donnent un résultat fort plaisant. Il ne vous reste plus qu’à faire confirmer cela grâce à notre radioblog qui diffuse deux compositions de Psychanoïa. Ecoutez.
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2 Écoutes, cinq questions, interview de Psychanoïa
- Blog Écouter de la Musique : Psychanoïa, pouvez-vous nous expliquer le pourquoi de votre nom ? Vous êtes des musiciens accomplis. Peut-on connaître vos différents parcours ?
Thierry (batterie) : Nous avons simplement contracté le mot « paranoïa » avec le préfixe « psy » lié à l’esprit. Ce nom remonte au premier album, basé sur un concept, dans lequel on incriminait un pouvoir totalitaire distillant un inconscient collectif pour gouverner, nettoyant au passage toute velléité de changement, et ce sans violence apparente. Le personnage principal en prenait lentement conscience et tentait non sans mal de lutter contre ses propres démons pour retrouver un certain libre-arbitre. Pour que le système se maintienne en évitant la contagion d’un tel mouvement, le gouvernement associait ces rares brebis galeuses à des malades atteints de Psychanoïa et les isolait du reste de la société. Olivier en a d’ailleurs tiré une nouvelle. En bref, et pour éviter toute confusion, il ne s’agit en aucun cas d’un terme médical mais juste d’un jeu de mots amusant.
Ivan (chant-claviers) : Mon parcours est assez fourni et varié. J’ai fait partie d’une dizaine de groupes (rock, metal, folk, celtique, pop, jazz, prog…) depuis une quinzaine d’années avec quelques grands concerts dont il y a peu, Hommage symphonique à Pink Floyd, et quelques Cds (albums et demo) avec quelques combos (Acid Rain, Ogham, Lifeseeker, Project Rage, Projekt One…).
Olivier (guitares) : Bon, je crois que le « pourquoi » du nom est suffisamment résumé par Thierry… Ce nom vient effectivement du concept du premier album et on l’a gardé pour la suite. Et depuis, les artworks suivent le mouvement. Pour mon parcours, il est plutôt « classique » dans le sens ou j’ai débuté la musique très jeune par le piano et l’orgue d’église puis je suis devenu un adolescent tout ce qu’il y a de plus normal et qui veut donc faire de la guitare électrique très fort en secouant la tête. Je crois que je suis resté bloqué à ce stade d’ailleurs… Mais j’ai toujours pas appris à jouer « Stairway to Heaven » ou « Smoke on the Water… »… Nous avons fait nos « griffes » avec Thierry au sein d’une précédente formation puis Jeanffy nous a rejoint à la fin de celle-ci et l’aventure Psychanoïa a commencé pour les deux premiers albums… et les pépins qui suivirent jusqu’à l’arrivée de ce divin vocaliste qu’est Ivan.
Jean-Philippe (basse) : L’histoire de Psychanoïa a déjà été racontée, je vais essayer de détailler mon parcours. J’ai commencé la musique très jeune par la contrebasse, avec une formation très académique. Plus tard je me suis beaucoup mis à la guitare et à la basse. Celle-ci s’est avérée être mon instrument de prédilection. A part Psychanoïa, j’ai joué dans un groupe de metal progressif (Alchemy) et je joue actuellement en parallèle dans un groupe plutôt rock (Old Ways New Station) avec lequel les choses avancent pas mal également.
- Blog Écouter de la Musique : Votre expérience est grande et votre parcours parsemé d’embûches. Quels sont les faits, les motivations profondes qui font que vous êtes là ?
Thierry : En ce qui me concerne, je suis passionné par le processus de création, quelqu’en soit le domaine d’ailleurs. Jouer des reprises, c’est formateur et amusant, mais cela ne m’a jamais satisfait. Je fais de la musique pour évacuer un trop plein de sentiments, parfois inconscients, que je n’arrive pas à exprimer autrement. C’est surprenant, fascinant et souvent flippant d’extirper ces « choses » mais j’en ai besoin pour avancer dans mon parcours personnel. Comme je ne dispose pas de tous les outils pour y parvenir seul, je suis heureux de pouvoir le faire avec des gens plus compétents que moi ! C’est tout l’intérêt d’un groupe à mon sens. Je fais de la batterie car à l’époque, personne ne voulait en faire : c’était trop cher et trop bruyant (d’ailleurs, ça l’est toujours…). Mais j’aurais pu faire autre chose, la batterie en soi n’est qu’un moyen d’expression parmi tant d’autres, je m’en fous pas mal. C’est pour cela que je ne suis pas un monstre de technique : je m’attache à faire sonner mon instrument et à trouver des idées fraîches, c’est déjà pas facile et ça va me prendre toute une vie ! A côté, je travaille sur les artworks du groupe ou sur d’autres trucs personnels (design, textes, compos trip hop…) qui contribuent également à étancher ma soif d’expression mais qui resteront certainement à jamais sur mon disque dur ! Alors évidemment, tout ce processus est régulièrement entaché de problèmes humains ou purement techniques qui découragent et donnent parfois envie de tout laisser tomber, mais il faut croire que, jusqu’à présent, le désir l’a emporté sur le reste…
Ivan : Thierry a tout dit ou presque, je suis né avec un certain talent je pense et je m’en sers pour exprimer mes sentiments les plus extrêmes, ce que nous ne pouvons pas communiquer en parlant dans une simple discussion, d’autres peignent, font de la photo, de la sculpture, du cinéma, créent autrement, moi je chante et joue, c’est ma vie et ça me ravit et me transporte… et me fait souffrir aussi… Les motivations découlent de tout ça, j’aurais pu arrêter la musique il y a longtemps par manque de succès et de reconnaissance et me contenter d’aller voir les autres groupes en concert, mais un manque cruel se serait fait sentir… Psychanoïa a une grande route devant lui, j’en suis persuadé, car outre nos talents respectifs et indéniables (humour), nous avons une passion et une aura communes, nous sommes réellement complémentaires, autant musicalement qu’humainement. J’y crois vraiment !
Olivier : Alors là , pas mieux… La motivation première reste effectivement le fait de faire « sortir » des sentiments inexprimables autrement. Et je pense que nous sommes tous un peu pareil dans ce line up : personne n’arrive à « communiquer » normalement donc certains font de l’infographie, d’autres composent pour d’autres projets, j’écris pas mal (nouvelles, essais…) mais ce groupe permet de centraliser certaines pulsions/sentiments communs. Donc, à la fois une passion et un besoin. Et c’est bien ce qui a permis à ce projet de continuer malgré les départs et autres péripéties…
Jean-Philippe : La musique a toujours été une passion depuis tout petit. Elle me permet d’exprimer mes sentiments, mes émotions, ce qui me trotte dans la tête. Elle me permet d’extérioriser toutes sortes de choses qui, sans elle, resteraient enfouies. Ecouter de la musique est déjà quelque chose d’important, mais pouvoir la jouer et la communiquer à un public est toujours un grand plaisir. Tout ceci fait que l’aventure Psychanoïa (qui dure depuis presque 15 ans maintenant) est un événement majeur pour moi. Mais tout ceci ne serait rien sans pouvoir jouer et partager nos morceaux avec le public !
- Blog Écouter de la Musique : Pouvez-vous partager avec nous les meilleurs et les pires moments que vous avez vécu avec Psychanoïa ?
Thierry : Il y a eu des périodes difficiles dues principalement à des changements de line-up. Ne pas pouvoir s’exprimer en live, refondre le matériau à chaque fois de A à Z pour s’adapter à une nouvelle configuration, c’était épuisant… Nous avons eu la bonne idée de mettre un peu le groupe entre parenthèses dans ces moments-là pour ne pas devenir fous, car nous avions le sentiment qu’on arriverait peut-être un jour à faire quelque chose de potable dans de bonnes conditions ! Le meilleur moment fut donc l’arrivée d’Ivan comme chanteur-claviériste. Il nous a permis de réactiver la machine, de disposer d’une formation enfin stable et fiable et surtout d’apporter à notre musique tout ce qui lui manquait. Depuis son arrivée, ce n’est que du bonheur !
Ivan : Je ne suis là que depuis 1an et demi, donc, tous les instants passés avec ces psychopathes n’ont été que rires, émotions, échanges artistiques et gastronomiques et aventures humaines… car je suis aussi un psychopathe…
Olivier : Les périodes de frustrations sont les pires et, en particulier, le manque de concert et les doutes suite aux changements de line up. Parmi les meilleurs moments par contre, il y a effectivement l’arrivée d’Ivan qui a redonné un second souffle à ce groupe mais également tout le process de composition en lui-même et ce, quelque soit l’album. J’adore la phase de production dans laquelle il s’agit de prendre tous les différents matériaux disponibles (tonnes de plans, ébauches de compo, arrivée des premiers éléments graphiques…) et arriver à assembler tout ça pour en faire une oeuvre cohérente et, je l’espère, intéressante.
Jean-Philippe : Je ne peux qu’appuyer ce qui a déjà été dit : les changements de line-up, la frustration de ne pas pouvoir jouer nos morceaux en concert, la remise en question permanente, les périodes de démotivation… mais Ivan va nous permettre de remonter la pente et de donner à l’aventure Psychanoïa ce qu’elle mérite !
- Blog Écouter de la Musique : Comment composez-vous ? Quelles sont les éléments indispensables pour qu’une composition soit retenue chez vous ?
Thierry : En général, nous partons d’une idée apportée par l’un des membres et nous la triturons ensemble dans tous les sens pour aboutir à un morceau. Hormis quelques morceaux apportés « clefs en main » par Ivan (comme une jolie ballade au piano par exemple où c’est forcément très personnel), nous privilégions cette méthode de composition qui, à mon sens, permet d’obtenir un résultat de groupe plus cohérent dans lequel tout le monde se sent impliqué. Cela se ressent ensuite quand nous jouons ces morceaux et cela contribue à trouver un son pour le groupe. Pour ma part, en tant que batteur, cela me permet d’intervenir à ma façon dans le processus de composition. Je peux aider à structurer les plans, à inclure des rythmiques particulières, des transitions, des changements de débit…
Ivan : C’est la première fois que je compose en groupe, en commun, et c’est une bonne découverte pour moi. J’ai toujours eu l’habitude d’être le principal compositeur dans mes divers groupes et d’apporter les morceaux pratiquement terminés, sans être un dictateur bien sûr et ça me décharge de pas mal de choses d’avoir 3 autres avis en même temps…
Olivier : En fait, nous n’avons pas « une » méthode. Nous noircissons tous des tonnes de feuilles avec des symboles aussi étranges qu’ésotériques appelés « notes ». Ces « plans » servent de temps en temps de base pour démarrer un bÅ“uf et ensuite, on laisse faire et on voit si ça prend ou pas. Quand c’est le cas, il nous faut toujours une petite phase de recul pour réattaquer une ébauche de composition. Une fois une compo « terminée », nous maquettons tout de suite histoire d’avoir une idée du résultat. Et, enfin, une petite séance d’arrangements et boum…
Jean-Philippe : Chacun apporte de la musique, des plans, des rythmes, de bouts de mélodie. Le plus étonnant est que nous arrivions à sortir des morceaux avec tout ça ! Le processus créatif est souvent rapide, de l’ordre de quelques jours pour un premier jet. Ensuite, comme l’a dit Olivier, il faut toujours revenir dessus avec un peu de recul pour les finitions. Pour qu’une composition soit retenue, il faut avant tout quelle nous parle, quelle nous plaise. Je ne me vois pas jouer des morceaux composés uniquement pour plaire au public, cela deviendrait une corvée !
- Blog Écouter de la Musique : Qu’est-ce qui pourrait vous arriver de mieux dans les temps à venir ?
Thierry : Tout simplement que notre musique touche progressivement de plus en plus de gens, notamment en ayant la possibilité de la partager davantage en live dans des lieux sympas. Avoir ne serait-ce qu’un public, même modeste, appréciant le travail du groupe et justifiant son existence, cela me suffirait. De toute façon, dans notre style, c’est le seul objectif auquel on peut prétendre.
Ivan : Pas mieux ! Car je suis trop vieux pour commencer une carrière de rockstar…
Olivier : Quelques dates sur des scènes « mythiques » (pour nous…) comme le Transbordeur à Lyon ou le Bataclan à Paname en première partie de groupes comme Marillion ou Porcupine Tree. Là , ce serait le pied intégral !! Au fait, comment ça trop vieux ? Mais non, on n’est jamais trop vieux en tant de Rock Star !
Jean-Philippe : Jouer notre musique devant un public qui pourra apprécier nos idées, nos émotions, ne serait-ce qu’un nombre restreint de personnes. Commencer à se faire un petit nom dans le milieu serait également une très bonne chose.
Conclusion de Psychanoïa :
Thierry : Que vous aimiez le rock, le métal, le prog ou que sais-je encore, venez-nous voir en live à la prochaine occasion pour partager notre univers musical ! De plus, nous venons de faire presser un nouvel Ep que nous distribuerons lors de nos dates.
Ivan : Nous commençons à apparaître dans les fanzines, webzines et radios spécialisés, et le nom Psychanoïa arrive peu à peu dans les oreilles de mélomanes et professionnels… Alors n’hésitez pas à nous écrire, nous écouter et venir nous voir lors de nos prochains concerts… Et surtout, parlez-en autour de vous !
Olivier : Stay Rock ! Et venez nous voir en live !
Jean-Philippe : Suivez l’actualité du groupe, de bonnes choses sont en perspective. N’hésitez pas à venir nous voir en live !
TOUS : Un grand merci à ecouter-musique.fr pour cette interview !!!

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