Hypo pop plaisir
Hypo c’est le plaisir total. Coup de coeur pour cet artiste qui charme par sa présence, tout naturellement, et fait sourire par son délire. Ils sont rares les musiciens de cet acabit. Compositeur dans l’âme, créateur et mélangeur de sons et presque humoriste. J’aime. De plus, il s’exprime très bien et vous prendrez du plaisir à le lire aussi. Avec Hypo oubliez le « crite », écoutez.
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2 Ecoutes, cinq questions, interview de Hypo
- Blog Ecouter de la Musique : Hypo, c’est de l’électro pop ou je me goure de prise ? Souvent, vous flirtez avec le délire musical. Etes-vous le même quand on vous coupe le son ?
Hypo : C’est de l’electro pop et pas seulement. Electro parce que je travaille avec un ordinateur, et pop parce que je suis attaché au format chanson. Mais ça ne se limite pas à ça. Je travaille précisément sur la manière de pousser la pop dans des retranchements inattendus. J’aime la déconstruire et la malmener. J’écoute beaucoup de choses différentes et j’aime les mélanger. Un peu comme quand les bébés tapent sur leur jouets pour essayer de faire rentrer des formes carrées dans des emplacements ronds. Il y a quelque chose de cet ordre. J’aime jouer avec les codes et les idées reçues. J’aime surtout me battre contre ce qu’est supposé être une chanson. C’est une manière de travailler qui s’est affinée au fur et à mesure de mes albums. En 2000, à l’époque de mon premier album, je travaillais sur des formats miniatures, je faisais de simples ritournelles samplées. Et puis au fil du temps, je me suis rapproché du format chanson tout en essayant toujours de l’éclater d’une manière ou d’une autre.
C’est amusant, c’est la première fois qu’on me pose une question pareille ! Est ce que je suis le même quand on me coupe le son? Sans doute pas, étant donné que je m’exprime avec le son. Mais à choisir je préfère me taire et qu’on écoute ma musique. Enfin, je veux dire que j’espère que ma musique a des choses plus intéressantes à dire que moi ! Quant à me présenter? Par où commencer. Je m’appelle Anthony Keyeux, j’ai 36 ans, je fais de la musique depuis 1991 et j’ai sorti mon premier album en 2000 sur un label anglais, Spymania qui était connu à l’époque pour avoir sorti les premiers maxis de Squarepusher, Cassetteboy et Jamie Lidel. J’ai ensuite intégré le label parisien Active Suspension (Domotic, O.Lamm, Kumisolo, Konki Duet, Davide Balula…) avec lequel j’ai fait 4 albums dont un en collaboration avec mon amie EDH. Et j’ai depuis intégré le label Tsunami-Addiction (Milkymee, La Chatte, dDamage) sur lequel je viens de sortir mon nouvel album. Et je viens également de sortir un EP vinyle avec 6 titres inédits sur le label Moelleux Records, qui est la division label crée par l’agence de booking Summery Agency. Sur mes disques, je ne travaille jamais seul et j’aime beaucoup collaborer avec les artistes qui me tiennent à coeur comme par exemple Momus, EDH, O.Lamm, His Name Is Alive, Carl Stone, Midori Hirano et bien d’autres.
- Blog Ecouter de la Musique : Si je vous dis que votre musique a le goût du bonbon et l’effet d’un euphorisant. Je suis dans le juste ? J’exagère ? Je n’ai rien compris ?
Hypo : Je ne sais pas si c’est vrai, mais je le prends comme un compliment. Pourtant mon dernier album est sans doute mon disque le plus mélancolique, mais je suis tout à fait d’accord pour procurer de l’euphorie. Je travaille également toujours dans la confrontation des sentiments. Je reprends mon exemple du carré mis de force dans le rond. J’essaye de l’appliquer aux sentiments également. De mettre de la profonde tristesse dans le même bateau que la joie et la stupidité. J’aime le tragicomique. Comme dans le titre de mon dernier album « Coco Douleur ».
- Blog Ecouter de la Musique : Pouvez-vous nous décrire les images qui vous viennent quand vous composez ? Avez-vous avez un objectif quand vous commencez un morceau ? L’accouchement est difficile ou vous pratiquez sous péridurale ?
Hypo : Je n’ai pas une grande affection pour la synesthésie et d’une manière générale, j’aime dissocier le son de l’image. C’est pour cette raison que je refuse toujours toute vidéo sur scène. Quand je fais de la musique, je ne fais que ça. Ce qui n’empêche pas la poésie. Mais l’expérience reste purement musicale. Les rapports image / son sont des choses qui me dépassent. Donc, même si j’aimerais bien vous répondre que je pense à des paysages enneigés ou à des plages cocotiers, ce n’est pas le cas. Je suis davantage perméable au langage qu’aux images. Ce sont souvent des onomatopées qui me viennent, à l’image de mes titres. J’aime les répétitions de syllabes, les expressions « pipi caca », les titres qui font un peu honte quand on les dit à haute voix.
Oui, mais je m’y tiens rarement. Etant donné que je travaille en collaborant avec d’autres musiciens, je leur donne des consignes selon l’idée que j’ai en tête. Mais soit ils ne respectent pas ces consignes, soit le résultat n’est pas ce que j’imaginais. Du coup je me retrouve avec une matière à malaxer. Et c’est en malaxant que les idées et la forme définitive arrivent.
C’est souvent un accouchement très difficile, ponctué de phases où ça glisse tout seul. (Ah ! ah ! Un peu trash cette phrase reliée à l’image de l’accouchement !)
Mais je retourne des fois un morceau pendant 6 mois avant de savoir ce que je veux en faire. Mais quand ça se débloque, ça va très vite.
- Blog Ecouter de la Musique : Souvent, vous commettez vos compositions avec un acolyte, avec qui rêvez-vous d’écrire une composition ? Oseriez-vous dire avec qui vous ne collaborerez jamais ?
Hypo : Avec Robert Smith de Cure ! J’aimerais tellement le sortir de la médiocrité dans laquelle il s’est installé depuis presque 20 ans. J’aimerais bien le pousser à refaire n’importe quoi avec ses synthés comme en 1983. J’aimerais beaucoup avoir une discussion avec lui et le remettre dans le droit chemin. Ou plutôt dans un chemin tordu, justement.
Oh, la liste est trop longue !!! Mais j’ai pour principe de ne jamais refuser de faire un remix. Je me dis toujours que si le morceau ou l’artiste est mauvais, c’est là qu’est le vrai chalenge. Mais bien entendu, certaines collaborations seraient de vraies punitions pour moi.
- Blog Ecouter de la Musique : Demain Hypo potame ? En bref, que ferez-vous quand vous aurez dévoré toutes vos idées ?
Hypo : Je travaille toujours en réaction à ce qui m’entoure, donc je me dis que tant que j’aurai mes oreilles, j’aurai des choses à dire. Mais je n’aimerais pas faire de mauvais disques. Ca arrive à des gens très bien. J’essaye de rester vigilant. Mais je ne sais faire que de la musique, alors je pense que je vais continuer.
Conclusion de Hypo :
J’ai bien aimé cette interview, merci !

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