Kespar rap toujours

KesparCe n’est pas un essai. C’est une transformation. Quand on parle rap, Kespar atteint son but. Il a commencé tôt et nous espérons qu’il s’arrêtera le plus tard possible. Si Kespar est jeune, son mûrissement est bien présent. Il a d’ailleurs très bien compris et intégré le média web. Du bon rap gratuit, c’est une aubaine. Ecoutez.

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2 Ecoutes, cinq questions, interview de Kespar
- Blog Ecouter de la Musique : Kespar, vous avez commencé quand et pourquoi le rap ?
Kespar : J’ai commencé à m’essayer au rap à l’âge de 13 ans, et à 14 ans j’ai commencé à composer des instrumentaux. J’ai découvert le rap autour des 7 ans, par Assassin « L’homicide volontaire », ou encore Fabe et IAM, j’ai dû écouter « Saga » de IAM avec Timbo King et Lord Smooth environ un million de fois. C’est pas un choix rationnel, c’est simplement ma passion depuis que je suis enfant.

- Blog Ecouter de la Musique : Composer, c’est long et difficile ? La musique et les paroles viennent toutes seules ? Qu’est-ce qui nourrit votre inspiration ?
Kespar : La musique est toujours une exploration. J’ai souvent des mélodies dans ma tête, je ne sais pas pourquoi elles viennent mais quand elles sont bonnes, je me dépêche de les enregistrer sur ordinateur car on les oublie vite. Ensuite je pars de cette base et je l’améliore en ajoutant des instruments et surtout les percus qui vont rythmer l’instru et par conséquent le flow du MC. Les paroles naissent de mes réflexions, elles sont souvent une synthèse un peu floue de mes pensées du moment, j’ai toujours du mal à isoler un seul thème dans mes textes, et je m’arrache les cheveux quand il faut donner un titre à mes morceaux… Pour finir, je choisis un instrumental dont l’ambiance appuie le propos du texte, le but étant d’avoir quelque chose de percutant sur le plan à la fois musical, technique et sur le fond.

- Blog Ecouter de la Musique : Vous vous produisez beaucoup sur scène ? Qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction, les passages radios, votre site internet, vos concerts ?
Kespar : J’ai fait quelques scènes avec des groupes de ma ville quand j’étais plus jeune. Ensuite j’ai fait parti du groupe Atomic Bounce en 2007-2008, qui était un groupe de funk de Dijon. J’ai « officié » comme rappeur avec eux pendant 2 ans où nous avons fait pas mal de scènes, dont quelques unes assez importantes. C’est une très bonne expérience d’être sur scène avec des musiciens, et pas avec un CD comme ça se fait souvent dans le rap. Finalement le groupe s’est dissout et la scène est en stand-by pour moi depuis 1 an. Le plaisir sur scène est sans aucun doute le plus intense, il y a un enjeu et un partage. Mais je suis toujours super content quand j’ai des retours positifs sur mes morceaux ou mon clip, j’ai un public assez diversifié, c’est ce qui me donne la motivation de continuer malgré la difficulté à diffuser large.

- Blog Ecouter de la Musique : Vos morceaux sont en téléchargement gratuits. Comment comptez-vous gagner de l’argent avec votre musique ? Pensez-vous que fortune et rap puissent faire bon ménage ?
Kespar : Pour moi, Internet est un vecteur de communication mais aussi d’égalité. Je suis très content pour tous ceux qui n’ont pas trop les moyens de consommer des médias, qu’ils puissent télécharger de la musique et des films quand ça les intéresse. Ca met un terme à une certaine discrimination dans l’accès à la culture et je rigole bien quand des mecs comme Florent Pagny qui transfère ses impôts dans des paradis fiscaux vient pleurnicher parce qu’il est téléchargé…
Internet est donc pour moi le choix le plus simple. L’argent ne m’intéresse pas plus que ça, j’ai une formation d’infographiste parce que je ne suis pas assez fou pour compter exclusivement sur le rap, le milieu de la musique est très fluctuant et souvent injuste. Je préfère diffuser plus large une musique gratuite histoire qu’elle soit accessible au plus grand nombre. Si un jour j’ai la chance de signer un contrat, je ne cracherai pas dessus mais en attendant c’est gratuité pour tous !

- Blog Ecouter de la Musique : Quand vous écoutez vos compositions et que vous fermez les yeux, vous pensez à quoi ? Et demain, que souhaitez-vous qu’il vous arrive ?
Kespar : Je me réécoute souvent, pas par égocentrisme mais je suis toujours curieux de voir ce que j’ai produis, je réécoute mes paroles, ma musique, en essayant d’en faire la critique, comme si j’étais passé à l’extérieur. Je suis assez dur avec moi même, c’est une condition indispensable pour progresser.
Demain, je n’en sais rien, sur le plan musical j’espère creuser mon trou le plus loin possible et on verra bien ce que ça donne. Je ne suis pas utopiste, mais j’y crois forcément un peu sinon j’aurais arrêté. J’espère surtout avoir toujours le temps de composer car ça reste une passion pour moi, je déprime si je touche pas un micro pendant plus de 2 mois.

Conclusion de Kespar :
Conclusion, merci pour l’interview ! J’engage tous les curieux à aller écouter mes sons sur MySpace ou http://www.kespar.fr et je suis aussi ouvert à toutes formes de collaborations avec d’autres artistes indépendants. Et je vais finir en rappelant la devise originelle du mouvement hip-hop, né dans le Bronx début 80s : « Peace, Unity, Love and Having Fun ». Notre époque en a bien besoin…

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One Response to “Kespar rap toujours”

  1. Bien que loin d’être une mordue de Hip Hop, j’avoue qu’à l’époque Eruption Lyricale m’avait presque réconciliée avec le genre. Avec le regard critique, la philosophie et le talent qu’on lui connaît, Kespar c’est du bon son dans ta maison !
    Bonne continuation le p’tiot :)

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