Hyphen musique

HyphenRock, pop, grunge… tout cela n’a pas d’importance. Moi, je vous dis Hyphen, et cela doit suffire. Car ce sont de très bons musiciens qui ont l’avantage d’avoir un esprit large et sont donc capables de ne pas rester enfermés dans un style. D’ailleurs, je vous engage tout de suite à tendre l’oreille et écouter les deux compositions du groupe qui se trouvent dans la radio blog. Sachez apprécier et espérer que le nouvel album prévu sorte vite pour avoir encore plus de bonnes chansons à entendre. Bonne écoute.

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2 Ecoutes, cinq questions, interview de Hyphen
– Blog Ecouter de la Musique : Rock, grunge, indie rock alternatif, c’est ce que l’on peut lire à votre propos dans la presse. Vous aimez les étiquettes ?
Hyphen : On ne met des étiquettes que sur des produits. Donc non, on n’aime pas forcément cela, mais on est conscient qu’il est difficile de décrire la musique autrement que par des références, que ce soit des styles ou d’autres artistes. Donc j’ai peur qu’il faille en passer par cela quoi qu’on en dise. Le seul souci, c’est qu’elles sont réductrices, ce qui explique qu’on ne nous catégorise pas dans un seul style et que ce soit un peu « la valse des étiquettes » comme dirait Charles Edouard Leclerc J On fait le grand écart entre le grunge, le rock indé, la pop, le rock, le rock prog parce qu’on s’est nourris de tous ces styles depuis le début à travers des groupes comme Sonic Youth, Chokebore, les Beatles, les Stones, Radiohead, Nirvana, Eels, Smashing Pumpkins, Leonard Cohen, Nina Simone, Black Heart Procession, Pink Floyd, King Crimson, Blonde Redhead, etc…

Evoluer en trio est un choix délibéré de votre part ?
Pas vraiment. Ce sont les circonstances qui l’ont dicté. D’autant que depuis la sortie de l’album, Nico, notre bassiste s’est installé dans le sud de la France et qu’il devient impossible de répéter avec lui. Donc il ne fait plus officiellement partie de la formation. Mais pas de grande séparation derrière cela, bien au contraire, c’est l’un de nos meilleurs amis. Du coup, Bertrand et moi, même si on a l’habitude de composer exclusivement en binôme, on s’est mis en quête de nouveaux musiciens pour assurer les concerts. On en rencontre en ce moment même.

Nantes, capitale de la Hypen music ?
(Rires) Oui, mais Nantes ne le sait pas encore… Non, on n’a pas cette prétention. Mais Nantes, oui, c’est un peu un retour aux sources, parce qu’on a fait nos débuts en Bretagne, à Rennes, en 2002/2003 avant de partir pour Paris pour cinq ans, pour des raisons professionnelles. On y a enregistré un quatre-titres au Parastud, un studio prêté par notre ami, Orvil qui fait de la chanson française (Bertrand participe à son projet en tant que guitariste). Puis on a enregistré pendant une semaine au Touquet, dans une maison prêtée par un ami, notre premier album, « Serpentine », un onze-titres, entre rock écorché et pop mélancolique. (ça va, je les bien présenté, là ? J) On nous a souvent dit à l’écoute, que nous avions un côté trop sombre. Pas glauque, juste mélancolique. Mais certains titres comme Not Sure At All ou Without An Arm viennent y apporter de la lumière.

– Blog Ecouter de la Musique : Que tirez-vous comme bilan de votre dernier cd Serpentine ? Satisfait des ventes, du son, de la production, des compositions ?
Hyphen : La finalité pour nous, était avant tout le plaisir de graver notre aventure sur disque, que notre amitié musicale prenne une forme matérielle. De mon côté, j’ai toujours une sorte de hantise que tout s’arrête d’un seul coup, donc je me disais que si Hyphen, pour une raison ou une autre devait s’arrêter, il fallait qu’on ait cette trace et le reste serait du bonus. Donc là, on est dans le bonus actuellement, les critiques sont très bonnes, on a des chroniques très flatteuses, on est très heureux. Les ventes ne nous permettent pas encore de rembourser les frais engagés pour l’enregistrement et le pressage, mais c’est le dernier de nos soucis. La prod a été réalisée par Bertrand et deux amis, Géraud Cantel, Marc Latour qui ont une formation d’ingé-son. On en est très satisfaits, même si l’on considère que la prod aurait gagné à être un peu plus musclée, elle est un poil trop lisse. On ne refera sans doute pas la même erreur pour le deuxième album, qu’on a déjà entamé. Bert et moi avons composé plus de quarante morceaux à nous deux. Il va falloir faire le tri et voir ce qu’il en ressort. Selon ce qui reste, on s’autorisera ou non à faire un double album. Il sera vraisemblablement plus contrasté, les chansons pop seront vraiment pop et les chansons introspectives, très introspectives. Il faudra que l’album soit un peu orchestral, car on n’hésitera pas à inclure des arrangements de cordes, de cuivre peut-être et surtout du piano. Il y aura également plus de riffs et de gimmicks pour que ce soit accrocheur. Ce sera un peu notre « Mellon Collie And The Infinite Sadness » à nous, toutes proportions gardées, évidemment.

– Blog Ecouter de la Musique : Avec un site bien réalisé et un MySpace, vous affirmez votre présence sur le web. Est-ce impensable de ne pas être présent sur internet ? Vendez-vous des albums grâce à votre site ?
Hyphen : Impossible de ne pas envisager une exposition sur le net. Cela ouvre des portes. Notamment Myspace, pour les contacts, c’est idéal. Et surtout, l’avantage avec ce genre de site, c’est que tout le monde se retrouve à la même enseigne, de l’artiste signé en major, à l’autoproduit. Et que les uns et les autres peuvent communiquer.

– Blog Ecouter de la Musique : Que pensez-vous du monde de la musique, de sa commercialisation, de sa médiatisation ?
Hyphen : Justement, je parlais de myspace : la prochaine étape, cela va être la possibilité de mettre en vente des titres. Ca risque de tout changer. Plus qu’Itunes encore. Et a fortiori plus que les fausses bonnes idées que les majors essaient de trouver pour se sauver, comme les CD imitant les vinyles ou les cartes SD qui contiendront l’album de l’artiste, une vidéo et des images. Elles ont vécu dans la nostalgie des années dorées durant lesquelles elles pouvaient vivre dans l’opulence pendant que la musique mutait à vitesse grand V. Maintenant, je ne dis pas que la situation actuelle est plus saine, elle est juste plus anarchique, car beaucoup de gens considèrent que tout doit être gratuit, dont la musique. Mais c’est le revers de la médaille pour ceux qui la vendaient trop cher. On est dans une situation un peu folle, où les internautes produisent un artiste, où les artistes bien établis quittent leur maison de disques pour s’autogérer comme Radiohead, les Dandy Warhols, ou produisent même leur album seuls, même les Stones l’ont fait dernièrement ! Prince offre son disque gratuitement avec un quotidien anglais, il en « vend » ainsi plusieurs millions, mais est-ce que ça veut encore dire quelque chose par rapport aux ventes traditionnelles chez les disquaires. Trent Reznor offre son disque de remixes gratuitement. Pareil pour Pennywise. Saul Williams ou Radiohead ont laissé les téléchargeurs fixer le prix qu’ils souhaitaient payer. Ce que je trouve génial, mais d’une, il aurait fallu fixer une limite minimale, même symbolique, d’un centime d’euro, mais juste pour signifier que la musique n’est pas gratuite, elle est juste trop chère, de deux, ils peuvent se permettre de faire cela, parce qu’ils ont les moyens (en termes d’audience) pour le faire.

– Blog Ecouter de la Musique : Allez-vous auto-produire votre prochain album ? Si vous cherchiez une signature, elle serait de quelle type. Grosse maison de disque, label indépendant ? Que nous préparez-vous dans un avenir proche ?
Hyphen : Oui, il sera sans doute autoproduit, à moins que l’on ait l’occasion de le produire autrement à moindre frais. La production professionnelle reste idéale, en termes de conditions et de conseils. Mais c’est inabordable et le home-studio, qui a démocratisé la pratique de l’enregistrement a comblé son retard en termes de qualité, c’est indéniable. Une signature en label, oui, cela nous intéresse pour pouvoir être distribués sur des gros réseaux de distrib, comme la Fnac ou Virgin. Pour le reste, il faut être lucide, pour les grosses maisons de disques, la promotion d’un jeune groupe est le dernier de leur souci s’ils ne sont pas sûrs de pouvoir le rentabiliser à court terme. Un label indé, oui, ça nous intéresserait beaucoup plus. On est en contact avec un label actuellement. On verra.

Conclusion d’Hyphen :
Un grand merci à votre blog de donner la parole à des groupes comme nous. Et merci aux internautes qui seront sensibles à notre univers.

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