Yaz Trax musique libre

Yaz TraxOn sent l’expérience. La folie aussi. Le personnage est là, plein de savoir et de sensations. Nous vous proposons de découvrir un nom Yaz Trax, une musique et un univers. Car il s’agit bien de ça. Vous êtes du type volontaire ? Aventurier peut-être même ? Vous n’avez pas peur du lendemain ? vous ne tergiverserez pas pour partir à la conquête de nouvelles terres ? Alors Yaz Trax est là pour vous. Vous saurez l’apprécier à condition de prendre le temps de l’écouter. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon voyage.

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2 Ecoutes, cinq questions, interview de Yaz Trax
- Blog Ecouter de la Musique : Si je vous dis « Bérurier Noir » ou « The Clash » vous me dites ?
Yaz Trax : « Je n’suis qu’un survivant de l’armée noire, soldat !» ou alors « a White Man in Hammersmith Palace » ou aussi « Police and Thieves ». J’étais fan de ces 2 groupes étant ado, aujourd’hui j’en suis plutôt fier, et ce sont 2 groupes que j’écoute toujours aujourd’hui ‘hui. Mais peut-être plus tout à fait pour les mêmes raisons. Concernant les Bérus, c’était auparavant le discours rebelle qui me correspondait, tandis qu’aujourd’hui je reste fasciné mais pour le coté inquiétant de certaines chansons. On ressent une certaine inquiétude en raison du nombre d’instruments présents : guitare, boîte à rythmes et occasionnellement un saxo. De plus les chansons étaient enregistrés sur le tas, avec très peu de répétitions, et cela dans le but de capter un certain naturel et rester cru ou brut. Concrètement, j’ai un projet de chanson en-cours, pour lequel je reprends un motif rythmique des Bérus (Je n’suis qu’un survivant de l’armée noire, soldat! Mais je crois que le titre original de cette chanson est plutôt Anarchie ou quelque chose comme ça). J’ai composé les paroles en craquant le tout à ma sauce Old’ El Paso en même temps que je lisais Kafka, ce qui donne: « Je n’suis qu’un survivant de l’armée noire, Soldat!, l’arpenteur que M’sieur l’comte envoi. J’avais pas grand chose à dire, aussi j’ai préféré vous laisser dormir. A cette heure-ci devant la porte, Pas de portier, un sous-portier un Monsieur Fritz. Mes armées viendront demain par la route, septembre est là, l’hiver approche. Mais vous avez déjà fait sonner la cloche. Et cette permission, vous ne l’avez, ou du moins héla, pas montrer. J’exige le respect pour les autorités, si j’ai du retard, j’ai dû me promener. Mais dans quel village me suis-je égaré… etc… etc…

- Blog Ecouter de la Musique : Quels sont les ingrédients nécessaires à réunir afin de réaliser de bonnes compositions et devenir un vrai « Manitouh » des sons ?
Yaz Trax : Je vais essayer de rester intéressant pour les lecteurs non musiciens, et je préviens qu’un avis personnel, je ne prétends aucunement dispenser un savoir empirique -). C’est le sujet qui me passionne et la formule n’est ni secrète, ni magique, bien qu’à une époque, le mixage et le mastering s’apparentaient, à une sorte de science occulte, il fallait réussir à s’immiscer dans la confidence des studios de maisons de disques pour être initié. Heureusement aujourd’hui la tendance est au partage des connaissances et beaucoup de professionnels rédigent des articles sur leur site internet, du moins à l’étranger et aux States. Je consulte aussi régulièrement la rédaction des magazines, mais j’y accorde moins d’importance, par rapport à une interview par exemple d’un artiste qui est réellement dans le circuit, contrairement à un journaliste pur et dur. Donc un bon ingrédient est de comprendre l’américain. Au début, je cherchais un mot sur deux dans le dictionnaire, et j’ai souvent eu très mal à la tête, surtout avec tous les termes techniques et seule la volonté conduit à une amélioration quotidienne. Si vous posez exactement la même question à un groupe de musique acoustique, ils vous répondront que l’essentiel est de rester en phase avec la musique et ne pas trop se perdre dans les flots de la technique, mais dans le domaine des musiques purement électroniques cela n’est pas vrai. Une grande partie du « rendu » final est le résultat direct de la technique mise en oeuvre. Il n’est pas du tout obligatoire de poursuivre un cursus de formation artistique, comme par exemple les « Arts Décos », à part pour s’incruster dans les fêtes du samedi soir, bien entendu. Disons que des études de sciences physiques, ou à caractère technique sont bien plus appropriés, certes. Je rencontre de plus en plus de gens qui disent « faire de la musique par ordinateur », mais ils ne visent pas vraiment un auditeur au-delà de leur entourage direct et donc ils peuvent facilement se contenter de tourner tous les boutons, dans tous les sens et se faire plaisir ainsi. Pour cela il suffit d’employer les logiciels fait pour, d’ailleurs ma petite soeur de 8 ans en fait autant. A l’inverse je rencontre d’autres personnes qui se donnent une certaine consistance, en utilisant des logiciels pro mais le résultat est encore pire , inutile de jeter un oeil sur la console. Bref, dans ces conditions, on c’est normal qu’il est très difficile de réussir dans la musique. Ensuite pour ceux qui s’intéresse vraiment au sujet, il existe assez de ressources pour progresser et atteindre son but. En ce moment je compare le phénomène de la musique à un processus chimique. C’est ce truc qui fait que tu entends une chanson à la radio et tu cours à travers la ville pour te procurer le disque. Il s’agit d’une stimulation forte par afflux de dopamine dans le cerveau. C’est la molécule que nous cherchons à stimuler à l’arrière du cerveau d’un auditeur potentiel. Pour l’anecdote, il y a un site diffuseur qui à mis en place un logiciel analysant les fréquences et la phase d’un morceau afin de regrouper les artistes sur son site ou de conseiller les auditeurs vers les artistes correspondants à leur goûts. Pour conclure le sujet je voudrais terminer en ajoutant que lorsque la technologie est assimilé, elle ne vient plus perturber ou freiner le processus de création artistique en supprimant le besoin de résoudre des problèmes techniques au moment de la création d’un morceau. Un bon logiciel permet par exemple, de configurer librement tous les raccourcis clavier à sa guise. Il suffit alors de faire abstraction de toute cette technique qui est assimilé. Il suffit alors de se convaincre que l’on est capable de faire de grandes choses et laisser agir le naturel et tout redevient bien plus clair d’un seul coup. Le mixage est un art vraiment ingrat avec celui qui le pratique. Un peu comme un cadenas ou un coffre fort à combinaison. Si il y a 5 combinaisons de chiffres qui gèrent l’ouverture et la fermeture de la serrure, il n’y a uniquement lorsque l’on possédait les 5 bonnes combinaisons au même moment que le coffre va s’ouvrir. Même si vous avez 4 bonnes combinaisons sur les 5, le résultat est le même que si vous n’en aviez aucune de bonne et votre cadenas reste fermé. Pour relativiser ces explications, gardons à l’esprit qu’au final c’est souvent le titre que vous ne trouvez pas trop terrible, le morceau que vous décidez de diffuser finalement mais bon juste pour le fun en vous disant qu’au pire cela fera toujours un morceau de plus à la liste, et bien c’est souvent ce morceau qui remportera le plus de succès et sera le plus apprécie du public, à votre plus grande stupéfaction. C’est la vie qui prend en main les choses… .-)) »

- Blog Ecouter de la Musique : Réussissez-vous à vivre de votre musique, ou comment passer de comptable à musicien ?
Yaz Trax : Pour l’instant je n’ai jamais affiché de prix à coté de ma musique mais avec mon album promo, je pense avoir réglé certaines choses avec moi-même, de l’ordre de l’inconscient. J’améliore tant bien que mal la qualité du matériel que j’utilise pour la production. Et j’ai aussi tâtonner le terrain du coté des structures chargés de proposer du contenu numérique. Je compte améliorer aussi mon identité visuelle, aspect primordial surtout pour un artiste. Cet investissement n’a rien d’extraordinaire comparé aux labels qui proposent un catalogue d’artistes et disposent de beaucoup plus de moyens et limitent la casse grâce aux rotations. La stratégie est différente. Pour que mon projet soit viable, j’espère réaliser mon 1er album officiel et le proposer à la vente, en passant par des distributeurs indépendants et les plate formes payantes. Même certains distributeurs nationaux sont prêt à étudier mon projet, le prestige de voir son album auto produit en Fnac ou Virgin est en réalité un piège pour un artiste comme moi qui n’est pas assez connu. Signer un contrat de distribution est possible puisque c’est moi et ma structure « Contre-Courant 21 » qui auraient pris tous les risques. Mais c’est la guerre ensuite pour figurer sur une borne d’écoute et je n’ai ni les moyens, ni l’influence nécessaire pour en sortir indemne, ni envi d’attendre 6 mois pour recevoir mon contrat. Les défaites sont vécues dans le silence et la honte alors on ignore tous les artistes qui ont voulu signer une distribution. Le résultat est radical après 6 mois maximum, le distributeur leur renvoie les beaux cd, encore emballés dans le cellophane, voir même pas déballés des cartons, et le tout à vos frais bien entendu. A ce compte là je préfère ne pas figurer au fond des bacs à Cd. Même si les ventes ne décollent pas, un réseau indépendant en vente par internet par exemple, offre au moins une chance à chaque artiste, car ils sont tous « en écoute ».
Un premier album n’est en général jamais suffisant pour en vivre dignement, mais c’est mieux que de faire la manche devant un supermarché avec un harmonica.

- Blog Ecouter de la Musique : Pourriez-vous faire état des avantages et des inconvénients du média internet ?
Yaz Trax : Je pense que tout le monde peut deviner les avantages énormes des nouvelles technologies, dont internet. Mais les enjeux sont énormes et dépassent largement un utilisateur comme moi. Plus j’ouvre les yeux et plus je suis effrayé par le réseau. Je suis en accord avec ceux qui disent que le net est « comparable au Far West, s’il n’y avait pas eu de Shérif ». On dénonce systématiquement les soi-disant pirates comme des terreurs, mais pour la plupart ils sont inoffensifs comparé aux vrais techniciens qui travaillent pour les services de renseignements des autorités légales. Les libertés fondamentales sont violés en permanence par des pseudo-instances qui se justifie en ayant un vague rapport avec une quelconque gestion des droits d’auteurs. Je suis revolté lorsque toutes les 30 minutes mon analyseur d’IP m’alerte d’une demande d’accès un coup en provenance d’AOL, puis ensuite les fils de P*** d’anti p2p, puis les trou du c** du RIAA, puis ensuite c’est les clowns de l’anti abus., bref je suis revolté. Je voudrais leur dire que tant que je suis pas en prison et tant que du contenu gratuit reste disponible et bien je me sers et je leur fait pipi dessus. Si j’avais de l’argent pour mon divertissement, pour me payer des logiciels, je le ferai avec plaisir or je n’ai pas d’argent et je vois du contenu très attrayant devant mes yeux donc pourquoi renoncer à la culture? Les pauvres n’y ont pas droit? Il est compréhensible qu’un système d’exploitation prévoient des portes secrètes afin d’espionner un particulier mais cela devrait rester uniquement accessible pour les cas de forces majeures, comme la défense du territoire par exemple. Or il semble que ce soit tout le contraire et de multiples instituts plus ou moins crédibles, plus ou moins légitimes, sont facilement accrédités de toutes les permissions et agissent comme bon leur semble, loin de tout cadre légal, il n’y a aucune information judiciaire, ni commission rogatoire pour espionner un citoyen français. Ce sont eux les vrais pirates du net. C’est comme si l’on mettais un buffet gastronomique devant un gars qui meurt de faim et on ose encore exiger de lui qu’il se laisse mourir sans piocher dans l’assiette.
J’encourage les gens à ne plus jamais mettre les pieds chez les vendeurs de disques. Ne plus acheter de vidéos, ni de logiciels. Je suis un renégat et en plus je suis fauché, dangereux et je n’ai pas peur donc pour me stopper il faudra m’enfermer car je suis financièrement irrécouvrable. Mais je recommencerais à peine libérable. Je demande à ce que soit boycotté tous les artistes qui ont vendu leur répertoire à la Sacem. Achetez uniquement des artistes totalement indépendants, sous licence libre, si ils vous plaisent et ne mettez pas leur musique en réseau. N’accordez plus vos sentiments à ceux qui font de la musique uniquement parce qu’il ont un contrat à remplir à une date donnée.
On à pris les gens pour de vrais idiots et bientôt les autorités vont connaître le revers de la médaille. On voit déjà l’apparition de réseaux cryptés, et l’utilisation du réseau binaire devrait aussi se développer. Le résultat est inverse comme d’habitude cela aboutit à réduire leur possibilités de contrôles et rendra difficile la censure.
J’envisage d’installer Linux au plus vite afin de conserver certains de mes droits élémentaires, aujourd’hui mais encore plus pour demain.

- Blog Ecouter de la Musique : Pour que vous preniez encore plus de plaisir, que peut-on vous souhaiter ?
Yaz Trax : Je continue la musique même si pour cela je suis obliger de passer par des voies incroyables, je suis prêt à finir clochard, mendiant, repris de justice et même à aller bosser à l’usine toute la semaine pour seulement avoir le droit de jouer le dimanche. Donc souhaitez moi que cela n’arrive pas et que, petit à petit, s’ouvre la voie de la reconnaissance qui me permettra de vivre légalement et officiellement de mon activité, ce qui représente l’idéal pour tout artistes, depuis la nuit des temps.

Évaluation, note de 3.00 sur 5
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