Le Capharnaum originale musique
Délire. Créativité. Humour. Voilà , nous arrivons dans le monde du « Capharnaüm ». Ne prenez pas le raccourci de penser que ce nom résume à lui seul le personnage et la musique. Le compositeur est tout à la fois complexe et savoureux. Savoureux par son humour qui émerge spontanément dès qu’une occasion se présente. Pour le cheminement tortueux de ses pensées, écoutez sa musique et vous comprendrez rapidement que nous sommes très loin des standards éculés. « Le Capharnaüm » est unique. Il ne vous reste plus qu’à partir dans ce nouveau monde en vous accrochant à votre slip. Non mais !
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2 Ecoutes, cinq questions, interview Le Capharnaüm
- Blog Ecouter de la Musique : Lieu en désordre (Capharnaüm). Cela résume-t-il parfaitement votre concept ?
Le Capharnaüm : Oui, mais ce lieu est un être vivant. Pas un espace inerte, mais une vraie personne, moi, habitée par un terrifiant désordre intérieur. Il y a tout dans le Capharnaüm. Il y a des tempêtes tumultueuses et des calmes olympiens ; des puissances cataclysmiques et des conclusions ridicules. Ce qui est surprenant pourtant, c’est que mon aspect extérieur ne laisse presque rien paraître de ce bazar. Je suis quelqu’un de très fade en vrai. Le capharnaüm se cache sous un tapis. Comme un Bernard l’ermite dans une coquille. Parfois une griffe en sort. Ou pire.
- Blog Ecouter de la Musique : Pourriez-vous nous parler de votre expérience musicale. D’où venez-vous ?
Le Capharnaüm : Il y a des artistes entiers, qui incarnent leur musique jusqu’au bout des ongles. Ce n’est pas mon cas. Il y a une foultitude de créatures diaboliques qui tentent de sortir de moi, de briser mon apparente banalité. J’essaie de les réfréner mais elles finissent une par une par prendre le dessus. C’est une pulsion productive, qui ne se contente pas de musique, mais exploite aussi bien la peinture que la photo que le graphisme que le jeu vidéo pour se canaliser. La musique du Capharnaüm n’est pas originale. Elle dévore, digère, dévore, redigère et régurgite des influences multiples. Entre Kraftwerk et Dead Can Dance, Elijah’s Mantle et Wagner, DJ Shadow et Indochine, il n’y a aucun point commun a priori. Mais tellement de hiatus créatifs à exploiter que c’en est jouissif. C’est une musique ludique. Un jeu d’assemblage entre des pièces pas forcément prévues pour s’emboîter. Je m’amuse à faire rentrer les triangles dans les ronds, en fait.
- Blog Ecouter de la Musique : Dans votre musique, il semble que la mélodie soit constamment en compétition avec le délire. Qui va gagner ?
Le Capharnaüm : J’ai mes pronostics. Mais ça se monnaie très cher.
- Blog Ecouter de la Musique : Vous utilisez la plate forme dogmazic.net pour diffuser votre musique. Cela vous suffit-il ou qu’aimeriez-vous faire de plus sur le web ?
Le Capharnaüm : Dogmazic est très bien dans sa démarche. Dans le détail, il y a des choses à revoir, et j’ai l’impression que le fonctionnement démocratique les empêche de trancher pour une identité plus marquée, plus forte. Autant leur discours est fort, autant c’est un peu consensuel dans la forme, voilà . Quoi faire d’autre ? Créer une identité visuelle pour le Capharnaüm, j’ai déjà une piste. Le Capharnaüm d’ailleurs pourrait légèrement changer de nom (scoop !). L’utiliser sur le Web. Trouver des manières d’exister de manière alternative, en évitant d’avoir ma page sur Myspace. C’est très dur d’imaginer une forme d’existence ludique sans manifestation physique. Gorillaz l’a fait, c’est très fort. Il faut faire mieux. Le Capharnaüm se cherche une coquille jamais utilisée.
- Blog Ecouter de la Musique : On peut lire que votre musique est « Recommandé contre les maux de tête, de ventre et de dos ». Pensez-vous que nous pourrons nous passer bientôt de médicaments grâce à vous ?
Le Capharnaüm : Petit rectificatif suite à des plaintes de médecins et tentatives d’intimidation de la DGCCRF, ce n’est effectivement pas prouvé. Il n’y a aucune étude qui le contredit, cela dit. On en pensera ce qu’on veut. Par contre c’est une sorte de définition de ce qu’essaie d’être ma musique : cérébrale, viscérale, et euh… dorsolombaire ? J’ai toujours oscillé entre une musique un peu pédante, inécoutable, et des trucs outrageusement kitsch mais qui me paraissent mortellement humains. Le résultat n’est pas un juste milieu mais un combat sanglant permanent entre la mélodie et le délire (mince, c’était la question d’avant, ça).
Conclusion Le Capharnaüm :
La question que j’aurais aimé que vous me posiez, c’est : quelle est la question que vous auriez aimé qu’on vous pose ? » J’aurais aimé que vous me demandiez : « comment doit s’écouter votre musique ? » Ben en fait, je cherche toujours. Ça ne se danse pas forcément, ça ne s’écoute pas allongé dans un canapé, ça fait trop de bruit pour mettre en fond et pas assez pour le mettre à fond. Si quelqu’un a une idée, je cherche une niche.

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