GMR alternative hip hop
Franchement, je ne pensais pas qu’un groupe hip hop pourrait avoir un certain recul et utiliser l’humour avec autant d’efficacité. Méfions-nous des préjugés dès que l’on parle de ce type de musique. Oui, si vous me laissiez deux mots pour vous donner une idée du GMR, je vous proposerais conscience et perspicacité. Comme quoi, jeunesse n’empêche pas cohérence. Du côté musique, on se laisse surprendre par la légèreté du rythme, l’enrobage de l’accompagnement et la présence du chant. A écouter tout de suite, vous ne le regretterez pas.
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2 Ecoutes, cinq questions, interview du GMR
- Blog Ecouter de la Musique : Maintenant présentez-nous GMR, MEMERE, Brunoy ?
GMR : GMR, cela veut dire Grigri Maiards Ricords. C’est un label imaginaire qu’on a fondé il y a 6 ans maintenant, en même temps que l’on découvrait Fruity Loops. Pendant longtemps, chacun bossait dans son coin, essayant de composer la chanson qui ferait le plus marrer notre groupe de pote. Au total, on a dû faire près d’une quinzaine d’albums « solo », des CD-R gravés à 10 exemplaires, plus ou moins recommandables. Avec le temps, certains de nous se sont mis également à l’écriture. On a eu envie de bosser de façon collégiale. En est né le combo : Sake C. Buenos à la prod, Al Bundy et Son Gulien au chant. Vu de la sorte, le GMR est sans doute aussi plus ou moins un groupe. On a même un manager virtuel, 50eurocents, et des clippers attitrés, Enja et Vincent Warnke. Il y a un an, on a tous fait l’amour ensemble, et Mémére est née. « Chez Mémére », c’est un EP un peu bordélique, mais c’est notre carte de visite. Cela permet de nous présenter, de montrer nos différents délires et d’esquisser les différentes directions qu’on adoptera dans des projets divers et futurs. C’est notre première oeuvre que l’on juge digne d’être présentée à d’autres gens que nos amis. Quant à Brunoy, c’est notre ville. C’est comme pour ses parents, on ne choisit pas. Enja dit que c’est la représentation de la banlieue molle. En gros, c’est ni riche, ni pauvre ; c’est moyen. Brunoy est une ville insipide, mais ça fait son charme. Il y a plein de salon de coiffure et d’agences immobilières. Et des banques aussi. Mais c’est plus hip hop que Neuilly, et aussi plus chiant que l’abbaye aux hommes de Caen. Brunoy, c’est un exploit.
- Blog Ecouter de la Musique : On rencontre pas souvent de l’humour et de la dérision dans le monde du hip hop. Cela ne vous dérange pas de ne pas être tout à fait comme les autres ?
GMR : Vu d’où l’on vient, vu l’état inexistant de notre « street credibility », l’humour et l’autodérision, c’est un peu tout ce qu’il nous reste. D’ailleurs, nous ne savons pas si l’on peut dire qu’on fait partie du milieu hip hop. On se rapproche plus certainement de la scène dite « alternative » (TTC, Svinkels, Le Jouage, Le Klub des Loosers, James Delleck, DKS…), scène qui elle-même est conspuée par une partie de la scène hip hop traditionnelle, parce que, selon certains b-boys, ce n’est pas du rap. C’est vrai que les thèmes abordés ne sont pas les mêmes. Mais bon, on fait de la musique, et l’on pose des textes dessus. Cela nous amuse. Cela nous suffit. Et puis, on est peut-être pas tout à fait comme les autres, mais il faut relativiser. Pour l’instant, on n’a rien fait de concret, ou si peu. Les groupes qu’on cite plus haut, eux, font vraiment bouger les choses. Notamment par le fait d’avoir décomplexé quantité de mecs, des blancs de banlieues moyennes, qui aiment le rap, qui voudraient en faire, mais qui pensaient qu’ils n’en avaient pas vraiment le droit. Au final, on ne sent pas vraiment à part, mais on a rien inventé non plus.
- Blog Ecouter de la Musique : De ce que vous voyez chaque jour. Parlez-nous du pire et du meilleur.
GMR : Comme on l’a plus ou moins dit, venant de Brunoy Essonne, on peut difficilement se prétendre porte-parole d’une génération. On ne se sent pas vraiment de responsabilité sociale, civique, politique, ou on ne sait quoi. On n’a pas de rôle à jouer. De fait, le pire que l’on puisse voir chaque jour se constitue de petites misères : les gens entassés dans le RER, nos cheveux qui tombent, le prix des loyers à Paris, les mecs de 18 piges qui claquent tout leur argent de poche chez Von Dutch. C’est ce spleen que l’on peut retrouver dans nos morceaux. Heureusement, en parallèle de ça, il y a des petits bonheurs aussi, Game One, les petites fesses des filles dans leurs jeans taille basse, les hamburgers au micro-onde, ou encore le clip de Tribal King, ceux de K-Maro…
- Blog Ecouter de la Musique : Bravo. Vous distribuez gratuitement votre EP « Chez MEMERE » sur votre site. Etes-vous satisfait de procéder ainsi ?
GMR : Bien sûr qu’on en est satisfait, car on fait cela en dilettante. De la musique gratuite sur Internet, c’est une solution qui est très « dans l’air du temps ». On trouve de très bonnes choses sur les netlabels. Après, on est réaliste, « Chez Mémére » marque l’an zéro du GMR, on n’allait pas sortir un truc gravé à 500 exemplaires, distribué dans 3 boutiques en dépôt-vente, et que personne n’aurait acheté. Donc, un EP en téléchargement libre, cela nous semble être une bonne première étape, quand on est un groupe qui débute.
- Blog Ecouter de la Musique : Que peut-on vous souhaiter pour demain ?
GMR : Pour demain, que l’on continue sur notre lancée, que des gens téléchargent encore l’album, et qu’au sein du GMR, on arrive à concorder nos emplois du temps pour réaliser tous les projets que nous avons en tête.
Conclusion du GMR :
Cela sera une conclusion promotionnelle : téléchargez l’album si cela n’est pas déjà fait, et revenez régulièrement sur le site, de nouvelles choses devraient voir le jour d’ici peu.

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