Godon rock libre

Godon musique libreEnfin un air de liberté. Nous ne disons pas cela à la légère mais plutôt avec allégresse car avec Godon, nous touchons au but. Si la musique rock rimait jusqu’à maintenant avec propriété et dollars. Godon nous emmène sur le chemin de la musique libre. Avec 55 000 compositions téléchargées en libre accès sur son site, le groupe est devenu aujourd’hui le représentant d’une nouvelle forme de gestion des droits d’auteurs. Mouvement à contre courant de la musique télé réalité. Du vrai rock vivant. Godon, une statut de la Libre « Musicalité » !

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2 Ecoutes, cinq questions, interview de Godon
- Blog Ecouter de la Musique : Si je vous dis « Liberté, Égalité, Fraternité, Résistance », qu’est-ce que cela évoque pour vous ?
Godon : Bonjour, je m’appelle Dominique Godon, je suis chanteur et auteur de Godon… je vois que vous avez parcouru notre dossier de presse et de présentation!! Cette formule, « Liberté, Égalité, Fraternité, Résistance » devrait à mon humble avis, être désormais celle de la République. Je ne m’étalerai pas ici sur la Résistance, ce n’est pas forcément le sujet de l’interview, mais disons juste que ce qu’il s’est passé récemment à l’Assemblée Nationale, lors des délibérations autour du projet de loi DADVSI sur le droit d’auteur, est bien représentatif de cette maxime… (eucd.info)

- Blog Ecouter de la Musique : Votre démarche peut déranger des entités très bien installées dans le monde de la musique. Cela ne vous apporte-t-il pas quelques déconvenues ?
Godon : Nous n’avons jamais eu écho de telles réactions. Quoiqu’il en soit, nous n’avons strictement aucune animosité envers ces entités dont vous parlez. Nous ne suivons pas la même route, simplement. Ceci dit, en tant que citoyen cette fois-ci, je suis personnellement assez étonné de lire certaines réactions de musiciens « bien installés », comme vous dites, à propos notamment de l’échange de fichiers musicaux en ligne. Ils sont comme conditionnés, malgré les énormes revenus qu’ils génèrent, à penser que l’internet signifie la fin de la création, alors que c’est exactement le contraire qui se passe !

- Blog Ecouter de la Musique : Quel bilan tirez-vous de votre album « Armagodon » ?
Godon : Armagodon était une étape importante pour le groupe, après la seconde résidence, en mars 2004. Nous voulions absolument appuyer nos paroles et notre démarche par des actes concrets, et mettre Armagodon en vente, avec son sticker « Copie Libre », en faisait partie. Musicalement parlant, cet album contient en germe, pour ainsi dire, ce que le groupe est en train de devenir. Nous avons mis longtemps à réunir le personnel, et, avec l’arrivée de Stéphan Ehrhart à la batterie, des samples en live, délivrés par Ardour (ardour.org), et nos « mûrissements » respectifs, tant dans la composition, l’écriture, que le jeu, on peut dire aujourd’hui que Godon s’affirme comme un groupe de scène avant tout. D’autre part, nous savions que nous n’allions pas vendre des milliers d’exemplaires d’Armagodon. Nous étions plus dans le cadre de la « symbolique, et les évènements en 2004 et très récemment nous ont conforté dans nos convictions !

- Blog Ecouter de la Musique : Désolé d’avance pour cette question manichéenne. Vivons-nous dans un monde numérique qui aurait pour Dieu Linux et pour Diable Microsoft ?
Godon : De notre point de vue, pas du tout! Que nous vivions dans un monde dont une des composantes soit la communication numérique, c’est vrai. Dire que Microsoft est le diable, certainement pas. Il s’agit d’une entreprise commerciale, qui a bénéficié durant de longues années d’une position de quasi-monopole, en ce qui concerne les ordinateurs individuels, en tous cas. Avec le temps, des changements majeurs sont intervenus, que les industriels n’avaient pas forcément sentis venir. Le rapport des utilisateurs à l’informatique à changé, et l’essor du logiciel libre permet à des continents autrefois à l’écart de la communication numérique, notamment, de prendre toute la place qui est la leur. Pour le continent africain, par exemple, la réduction immédiate des coûts qu’entraîne l’utilisation de logiciels libres, sans sacrifier à la qualité et à la fiabilité, loin de là, lui permet de communiquer « lui-même » sur sa propre réalité. Avant, c’était l’apanage de quelques journalistes « spécialisés » !

- Blog Ecouter de la Musique : Godon devient une icône de la musique libre. En tant que telle, auriez-vous une idée particulière pour fédérer tous les artistes qui souhaiteraient épouser cette démarche ?
Godon : Plutôt qu’« icône de la musique libre », nous aimerions être perçus comme un collectif qui a décidé très tôt, c’est-à-dire au tout début, de mettre ses productions en « libre diffusion »! Aujourd’hui, nous faisons partie d’un dispositif, appelé « TourDemain », qui consiste en une tournée d’une dizaine de dates un peu partout en France, grâce à la salle « Des Lendemains Qui Chantent » (deslendemainsquichantent.org). Cette opération a reçu le soutien de nombreuses institutions ainsi que de l’Union Européenne, dans le cadre du projet Leader+. Ceci montre que « libre diffusion » et « professionnalisation » des musiciens ne sont pas des termes opposés. Concernant les idées pour fédérer les artistes adoptant des démarches similaires, je crois que nous devrons attendre début 2006, lors des délibérations sur le projet de loi DADVSI. L’opposition citoyenne, toutes couleurs politiques confondues, fera en sorte que les lobbies de pression industriels ne puissent pas influer sur la façon dont le droit d’auteur est établi dans notre juridiction. Cette problématique va bien au-delà de la libre diffusion. Cependant, il se pourrait bien que d’ici quelques temps, apparaissent des structures capables de percevoir et de redistribuer des droits d’auteurs, y compris au bénéfice de la libre diffusion. Pour notre part, nous ne lâcherons pas le morceau, et continuerons de développer notre modèle de « musique vivante ».

Conclusion de Godon :
Parlons un peu de musique! Il ne faudrait pas que les problèmes d’ordre juridiques, de diffusion, de rémunération, même si ce sont des points importants, passent au premier plan indéfiniment! Nous avons contribuer à informer, et nous restons disponibles en tous temps pour continuer à le faire. Mais le groupe est maintenant dans une phase cruciale de son histoire. C’est LE moment clé! Lorsque le groupe joue sur le plateau, il se passe vraiment quelque chose de l’ordre de l’énergie pure. Nous sommes en train de travailler sur le répertoire 2006 de Godon, et comme je le disais plus haut, nous avons progressé dans l’écriture et l’interprétation. Petit à petit, des samples et illustrations sonores sont intégrées aux morceaux, y compris en live, ce qui donne une nouvelle jeunesse aux « vieux » morceaux, et apporte des modifications à nos façons de travailler. Dans l’avenir, nous allons intégrer des projections lors des concerts. Nous aimerions vraiment entrer en contact avec des vidéastes, des cinéastes, des scénaristes, des animateurs et des modeleurs, pour travailler, toujours dans le même esprit, et si possible avec des logiciels libres, sur ces réalisations. Comme nous avons maintenant un « timecode » lorsque nous jouons, nous pouvons créer des effets images /sons proches de ce que l’on peut trouver dans certaines productions cinématographiques récentes. Voilà quelle était, est et sera notre voie: être au service de la musique et nous améliorer en tant que musiciens. Au service de la musique.

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